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Conte et PMA – La course

Je vous propose ici un conte sur la PMA, “La course”, au travers de l’histoire d’un ange, Léo, qui veut rejoindre la Terre pour y vivre parmi les humains.

Bonne lecture.

Sophie

Conte et PMA - La course - Bonheur en éprouvette - ange
Image par Ryszard Goń de Pixabay

Il était une fois au Paradis…

Léo, ange depuis quelques siècles déjà, qui s’ennuyait très fort sur son nuage.

Il poussa un grand soupir.

Difficile de s’occuper ici. Il y avait bien des activités proposées mais il les avait toutes faites au moins un millier de fois.

Imagine si tu devais regarder autant de fois La Reine des Neiges ou Toys Story.

Comment pouvait-on appeler ça le Paradis ?

Ici, pas de Nintendo Switch, pas de poupée Lol.

Pour passer le temps, il regardait les humains. Il aurait voulu pouvoir lui aussi descendre sur Terre pour s’amuser un peu avec eux. Etre un peu moins sage. Ici, ce n’était pas possible. Un ange devait être sage. Il devait toujours être raisonnable, ne pas perdre patience, encore moins se mettre en colère. Il devait montrer l’exemple tout simplement.

Il avait demandé à rejoindre les humains en bas.

D’autres l’avaient déjà fait, les veinards. Il le savait.

Mais on lui répondait toujours qu’il n’était pas prêt.

Il fallait s’y rendre pour les bonnes raisons.

Et apparemment, s’amuser ne faisait pas partie des bonnes raisons.

On lui répétait qu’il fallait qu’il grandisse. Il avait quand même 14 siècles, bientôt 15.

Il était temps qu’il mûrisse.

Tous des rabat-joie !

Tous aussi ennuyeux que cet endroit. Mais ça, il le gardait pour lui en espérant que personne n’entendrait ses pensées. On ne sait jamais. On est quand même au Paradis. Certains doivent bien avoir quelques pouvoirs.

Il soupira de nouveau.

Depuis quelques temps, il observait un couple en bas. Il semblait très triste. L’homme et la femme se tenaient dans les bras l’un de l’autre.

Apparemment, cela n’avait pas marché. Ce n’était pas la première fois et cela semblait toujours plus difficile à accepter chaque fois.

En les observant, Léo avait compris qu’ils cherchaient à avoir un enfant. Cela faisait presque 3 ans qu’ils essayaient.

Ils avaient déjà essayé tous seuls. Puis, au bout de deux ans, ils avaient demandé au laboratoire « Le Bonheur en éprouvette » de les aider.

Ils n’avaient droit qu’à 3 essais. Le dernier serait dans deux semaines.

Léo était triste pour eux. Ces deux personnes étaient vraiment très gentilles. Il ne comprenait pas. Ce n’était pas juste. Ils voulaient tellement fort ce bébé. En plus, Léo qui les avaient observés depuis un certain temps, savait qu’ils seraient des parents géniaux. Ce bébé serait très chanceux.

Il sentit son cœur se serrer quand il les vit pleurer.

Lui aussi pleurait, sans même s’en rendre compte.

Un autre ange, Gabrielle, s’en inquiéta : Que se passe-t’il Léo ? Tu sembles bien triste.

Léo : Je ne comprends pas pourquoi ces deux personnes n’arrivent pas à avoir un bébé. Elles le méritent vraiment, tu sais.

Gabrielle : Je sais mais malheureusement, cela ne fonctionne pas toujours ainsi.

Léo : Ce n’est vraiment pas juste. J’aurais adoré avoir des parents comme eux.

Gabrielle : Vraiment ? Et que dirais-tu justement de les avoir pour parents ? Tu es toujours intéressé pour descendre sur Terre ?

Léo : Evidemment ! Tu es sérieuse ?

Gabrielle : Si tu promets de l’être toi aussi, nous pouvons envisager de te laisser y aller.

Léo : Oh oui, s’il te plaît. Je te promets de faire tout ce que tu veux. Je serai le plus sage des anges.

Gabrielle : D’accord. Je vais aller en parler et je reviendrai vers toi pour te donner une réponse. Je ne te promets rien. Essaie d’être sage d’ici là et montre-nous que tu le mérites.

Les jours qui suivirent, Léo se montra le plus charmant des anges. Il tenait à aider tout le monde.

Un jour passa, puis deux, trois… Un mois entier et toujours aucune réponse. Il commençait à se demander si on ne s’était pas moqué de lui. Pour autant, il continua à être gentil avec tous.

Au bout de presque deux mois, il aperçut Gabrielle, l’ange qui lui avait promis de lui apporter une réponse.

Gabrielle : C’est bon. Ils ont donné leur accord. Tu vas pouvoir partir. Suis-moi.

Léo : Je ne dois pas faire ma valise avant ?

Gabrielle : Tu n’auras besoin de rien là où tu te rendras, rassure-toi.

Léo commençait à être inquiet. Il avait besoin de ses affaires. Il voulait se présenter sous le meilleur jour à sa nouvelle famille.

Ils se rendirent jusqu’à une grande porte. Il devait s’agir du portail vers la Terre. Comment voyagerait-il ? Etait-ce une navette ?

Derrière la porte, il vit un ensemble de toboggans. On aurait dit une fête foraine.

Plusieurs anges étaient guidés vers les toboggans.

« Chacun de ces toboggans va vers une destination précise. » lui expliqua Gabrielle . « Le tien est celui-ci. Je te laisse grimper dedans. Tu n’auras plus qu’à te laisser glisser ».

Léo était un peu méfiant mais il décida de lui faire confiance et grimpa dans le toboggan avant de s’élancer.

Conte et PMA - La course - Bonheur en éprouvette - tobbogan
Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

Il poussa un grand cri. Il allait très vite. Trop vite !!!

Il tournait dans tous les sens. Il se sentait complètement étourdi.

Et puis, d’un coup, tout s’arrêta.

Mais où se trouvait-il ?

Il avait encore un peu le tournis et ne savait pas où il se trouvait. Il trouvait l’endroit un peu bizarre. Ça ne ressemblait pas du tout à l’idée qu’il se faisait de la Terre.

En plus, il n’était pas seul. Loin de là. Il avait à peine la place pour bouger. Pourquoi avaient-ils tous un dossard ?

Il posa la question à son voisin le plus proche de lui. Sur son dossard, il était inscrit “Arthur – n°586”.

Arthur : Toi, c’est ta première course, j’ai l’impression.

Léo : Ma première quoi ?

Léo ne comprenait pas ce qui se passait.

Arthur : Et bien oui, la course pour avoir ta place sur Terre.

Léo : Je ne comprends pas. Je pensais que j’avais déjà gagné ma place.

Arthur : Pas du tout. Nous sommes des milliers. C’est une course de rapidité. Seul l’un d’entre nous sera gagnant. J’espère que ce sera moi cette fois. Ce n’est pas facile, crois-moi. Il y en a des très rapides ici.

Léo : Mais je ne veux pas faire la course, moi. Il doit y avoir une erreur.

Arthur : Comme tu veux. Cela me laisse une chance de plus de gagner et je compte bien aller à fond. Pas de pitié pour les autres. C’est moi qui entrerai le premier dans la grande boule là-bas.

Léo : Mais je veux juste aller sur Terre.

Arthur : C’est le seul moyen, mon frère. En plus, cette fois, c’est pour aller dans une famille géniale, celle d’Emma et Théo.

Léo : Mais je les connais. Je les observe depuis longtemps. Moi aussi, je veux gagner. Cela fait des siècles que j’attends.

Arthur : Comme nous tous. C’est pour ça que nous sommes tous aussi motivés. Je te laisse. Le départ va bientôt être donné. Il faut tous aller se mettre sur la ligne de départ.

Léo : Qu’arrive-t’il à ceux qui ne gagnent pas ?

Arthur : Et bien, ils recommencent autant de fois qu’il est nécessaire. J’en suis à mon 100e essai. Cela va me porter chance, j’en suis sûr. Allez, il faut y aller maintenant.

Léo se dit qu’il ne pourrait jamais faire autant d’essais. Il n’était même pas certain qu’on lui laisserait l’occasion d’en faire plusieurs.

En plus, il s’était attaché à ce couple qu’il observait depuis si longtemps. Il n’aurait jamais la chance de retomber sur de telles personnes. Il fallait absolument qu’il gagne.

Léo regarda les autres s’échauffer et en fit autant. Il voulait gagner.

Alors il se rappela des paroles d’un autre ange, ancien grand sportif, qui lui avait dit que pour gagner des compétitions, le mental était aussi important que le corps. Il fallait y croire. Le corps suivrait.

Ils furent tous appelés à rejoindre la ligne de départ.

Conte et PMA - La course - Bonheur en éprouvette - départ course
Image par Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

Le top départ fut donné

Ils furent tous lâchés d’un seul coup. Ce fut une grande bousculade. Il n’y avait plus de règles. Là, il n’était plus question d’être sage. Il fallait gagner.

Alors il donna toute l’énergie qui était en lui. Il était vif et agile. Dépassait par la droite, par la gauche. Il sautait même parfois par-dessus les autres.

Mais Léo sentait aussi que l’énergie le quittait peu à peu.

« Le mental » se rappela-t’il.

Il devait oublier la fatigue. Il y en avait encore quelques-uns devant lui qu’il dépassa un à un ou presque. Car le dernier était difficile à rattraper. Il avait certainement de l’entraînement. Combien avait-il fait de courses ? Il ne pouvait pas le laisser gagner. Ce n’était pas possible. Il était proche de la grosse boule. Il devait y arriver. Car il ne pouvait pas se permettre de perdre. Alors il se rappela Emma et Théo dans les bras l’un de l’autre pour se donner de la force.

Il ne pouvait pas abandonner maintenant. C’était la chance de sa vie.

Il était essoufflé, il avait mal partout mais il continuait sa course. Il se rapprochait de plus en plus de son concurrent. Et puis, d’un coup, il se retrouva dans la boule. Avait-il gagné ? Il se retourna.

Il était seul. Avait-il gagné ? Il entendit une voix lui annoncer : “Félicitations. Vous avez gagné. Belle course. Bonne chance dans cette nouvelle vie.”

Quelque part dans une clinique sur Terre

Emma et Théo se trouvait dans le bureau du médecin du laboratoire « Le Bonheur en Eprouvette ».

« Emma, Théo, j’ai une bonne nouvelle pour vous. Il y a deux œufs cette fois-ci, donc deux chances d’avoir ce bébé dont vous rêvez depuis longtemps. Comme vous le savez, ce n’est pas une garantie pour autant. Néanmoins, cela se présente mieux que les dernières fois. Nous allons donc croiser très fort les doigts pour que cela fonctionne. » leur dit le médecin.

Et effectivement, quelques mois plus tard, on annonça à Emma et Théo une merveilleuse nouvelle.

Ils seraient enfin parents pour la toute première fois. De deux petits garçons. Emma et Théo n’avaient jamais été aussi heureux. Ils pensaient qu’ils n’auraient jamais cette chance et ils se retrouvaient maintenant futurs parents de jumeaux.

Un véritable miracle après toutes ces années d’attente.

Ils ne remercieraient jamais assez le ciel de les avoir écoutés.

Les heureux parents se promirent de prendre soin et de toujours veiller sur leurs deux enfants.

Et Léo avait raison : ils furent des parents merveilleux.

Conte et PMA - La course - Bonheur en éprouvette - bébés jumeaux sur un coussin
Image par Karen Warfel de Pixabay

Fin


J’espère que cette histoire vous aura plu.

J’essaierai de vous en proposer d’autres au fil des mois (cliquez ici pour retrouver les autres histoires déjà publiées).

N’hésitez pas à commenter, partager, liker.

Vous pouvez aussi me proposer des thèmes d’histoires à écrire. J’essaierai de répondre à vos demandes.

Si vous souhaitez proposer des histoires ou des lectures sur le sujet, contactez-moi également.

Au plaisir de vous lire.

A bientôt.

Sophie

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