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La période de doute

Insémination, FIV, PMA, doutes et questions - Bonheur en éprouvette

Comme je le disais précédemment, il est normal lorsque l’on souhaite réaliserune insémination, une FIV, une PMA tout simplement, d’avoir des doutes et des questions.

Serai-je une bonne mère, un bon père ?

Mon entourage me soutiendra-t’il ?

Comment mon enfant le vivra-t’il ?

Suis-je prête ? Est-ce la bonne décision ?

Rassurez-vous, ces questions, moi aussi je me les suis posées.

Je m’apprêtais alors à m’engager dans une aventure qui ferait de moi une mère célibataire.

J’avais peur, je l’avoue.

Une bonne mère ?

Honnêtement, je ne me suis jamais extasiée devant les bébés. Je les trouvais même (et les trouve toujours) relativement effrayants.

Comment vous expliquer ?

Je ne sais tout simplement pas comment réagir quand ils se mettent à pleurer. Parfois, tu ne sais même pas pour quelle raison ils commencent.

Un décodeur, s’il vous plaît !

Un jour, il m’est arrivé d’être seule dans une pièce avec un bébé qui, après m’avoir regardé fixement, s’est mis à hurler.

Panique à bord !!!!

A côté de ça, je savais que si je n’étais pas attendrie à chaque fois que je voyais un bébé, je serais, comme disent les canadiens, totalement en amour avec le mien.

En effet, quand j’aime, ce n’est jamais à moitié.

Mais est-ce suffisant pour être une bonne mère ?

Certainement pas pour être une mère parfaite mais largement suffisant pour être une maman tout à fait correcte.

Qu’est-ce qu’une bonne mère sinon la maman qui sera là quand tu en auras besoin, qui te soutiendra, qui te fera grandir ?

Donc, être une bonne mère, oui je m’en sentais capable.

Mais quand je me suis lancée dans mon parcours PMA, j’ai eu d’autres doutes et questions.

Serai-je soutenue ? Pendant ? Après ?

Pour être honnête, je suis ce que certains appellent une « rebelle ». Je peux mettre longtemps à réfléchir, à peser le pour et le contre mais, une fois décidée, je fonce.

Néanmoins, j’avais compris au travers de forums que ce serait un parcours difficile.

Et oui. Même avec du caractère, il n’est pas toujours facile de se relever après un échec. Et cela peut fonctionner dès le départ comme cela peut nécessiter plusieurs essais.

Alors j’en ai parlé à mes amis et à mes parents. Longuement.

Dis-toi que lorsque l’on a de vrais amis et des supers parents, même s’ils ne sont pas convaincus, ils te soutiendront car ils comprendront que c’est important pour toi. Ils sentiront que ce n’est pas juste un caprice mais une décision mûrement réfléchie. Qu’ils posent des questions, c’est normal. Qu’ils t’évoquent leurs craintes ou les difficultés auxquelles tu devras faire face, c’est plutôt sain. Ne sois surtout pas sur la défensive. Ils t’aiment. C’est donc normal qu’ils s’inquiètent.

Moi, j’ai eu la chance d’avoir ce soutien pendant et je savais que je l’aurais également par la suite. D’ailleurs, certaines de mes amies se voyaient même déjà baby-sitters à l’occasion.

Et je savais que ce soutien me permettrait d’assumer avec force ma décision même devant les personnes les plus critiques.

Tu penses manquer du soutien dont tu as besoin dans ton entourage ?

Dis-toi que c’est peut-être le temps qu’il “digère l’information”. Ce n’est pas évident non plus pour lui.

En attendant, ce soutien, tu peux aussi le trouver auprès de femmes ayant réalisé la même démarche. Je suis moi-même allée consulter des forums sur le sujet. Cela permet de te rassurer aussi. Les personnes qui postent des commentaires et échangent entre elles traversent la même chose que toi. Elles ont les mêmes questions, les mêmes doutes….

La question la plus compliquée finalement était celle de l’avenir de l’enfant.

Comment mon enfant vivra-t’il ma décision ?

Cette décision n’était-elle pas finalement égoïste de ma part ?

Je voulais cet enfant mais lui n’avait pas demandé à naître. En grandissant, il devrait faire face à des questions, des remarques plus ou moins sympas à cause d’une décision que j’aurais prise pour nous deux.

Tout dans l’actualité te fait hésiter.

A l’époque, j’ai repensé à ce qu’avaient vécu les enfants de divorcés il y a quelques décennies. Mon enfant vivrait-il la même chose car son époque ne serait pas encore prête à accepter d’où il venait ?

Quand tu vois les Manifs pour tous, tu sens que de nombreuses personnes sont encore sur le schéma classique de la famille : un couple hétéro, deux enfants et un chien.

Si tu les écoutes, il est purement inconscient voire amoral de se lancer dans la PMA. Un enfant sans figure paternelle ne peut s’épanouir. C’est évident. Pour eux en tout cas.

Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que, rebelle ou pas, j’aurais préféré moi aussi construire une famille « classique ». Parce que c’est tout de même plus simple dans la vie de correspondre aux normes. Seulement, nous n’avons pas tous ce choix.

A cela, tu ajoutes les témoignages d’enfants nés sous X qui auraient aimé connaître leurs origines pour se construire.

PMA, doutes et questions : tout est fait pour te culpabiliser

Et pourtant, des études menées sur des enfants nés de PMA montrent qu’ils ne sont pas différents des autres enfants.

Pour preuve, voici un extrait d’un article de Ouest France publié en octobre 2019 :

« il n’y a pas de différence notable entre les enfants nés d’une PMA, élevés par un couple de femmes ou par une femme seule, et les autres. Quelle que soit la technique, ils se développent d’une façon commune aux autres enfants », relève Virginie Rozée, sociologue à l’Ined, spécialiste du sujet.

Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, député LREM et rapporteur du projet de loi bioéthique, l’assure : « Pour ces enfants, la seule chose qui compte, c’est l’attention et l’amour. C’est-à-dire que des adultes leur consacrent du temps et qu’ils se sentent aimés. »

Et de l’amour et de l’attention, ces enfants en auront

Car ils auront été désirés très fort, ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement pour les autres enfants.

Ils seront entourés, par des femmes mais également des hommes qui pourront faire office de figure paternelle (grand-père, oncle, amis…).

En outre, dans la loi sur la bioéthique, il est prévu que l’enfant ait accès à certaines informations sur son donneur à sa majorité.

Et puis l’anonymat n’est plus garanti aujourd’hui

Des sociétés proposant des tests ADN changent actuellement la donne.

Dans mon cas, cette loi n’étant pas encore à l’ordre du jour, j’avais choisi de me rendre au Danemark.

Pourquoi ?

Parce que c’était l’un des seuls pays, à l’époque, proposant cette information sur le donneur à la majorité de l’enfant.

Comment mon enfant sera-t’il impacté par ma décision ?

Comme je l’ai indiqué précédemment, lorsque je me suis lancée dans ce parcours de PMA, j’ai moi aussi eu des doutes et des questions. Quels sera l’impact de ma décision sur mon enfant ? Je ne voulais pas qu’il en souffre.

Alors j’ai choisi cette option.

De mon côté, peu m’importait de savoir qui était le donneur. Contrairement à ce que disent les personnes opposées à la PMA, je n’ai pas choisi la couleur des yeux, des cheveux…

Mais je comprends que certains le fassent.

N’oublions pas que la PMA s’adresse aussi aux couples hétéros ayant des difficultés à concevoir un enfant. Si tu étais en couple et que tu n’arrivais pas à avoir d’enfant, n’aurais-tu pas envie que celui-ci ait un « air de famille » avec ton conjoint ? Pour toi, il sera plus facile de créer ce lien car tu le porteras. Ce lien, ton conjoint devra le façonner à sa naissance même s’il en aura déjà eu les prémices pendant ta grossesse.

PMA, doutes et questions – Pour conclure

Je ne dis pas lors de ton parcours PMA et ensuite, tu n’auras plus de doutes ni de questions.

Néanmoins, il n’y a absolument aucune raison de ne pas être une bonne mère quand on a désiré aussi fort un enfant (même s’il t’arrivera de faire des erreurs comme tout parent)

Si tu es bien entourée (à défaut, cela t’aidera à faire du ménage dans tes relations), ce soutien te permettra de traverser cette aventure sans encombre

Grâce à ton amour et celui de ton entourage, ton enfant grandira avec les meilleures chances dans la vie.

Amitiés.

Sophie

Image par Владимир Берзин de Pixabay

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